Plaisir
du vol en Mosquito
Les bons conseils à suivre
Le
MOSQUITO est vraiment une fabuleuse machine de plaisir, mais il semble
bien que certains ont raté la marche et, avant qu’une fausse réputation
puisse s’installer, il est probablement bon de revenir sur quelques
conseils pour éviter de se pourrir la vie et d’en rester sur des
aigreurs. Je crois que la première erreur, souvent répétée, fût de
rester isolé. Je regrette d’ailleurs que les commandes groupées n’aient
pas pu d’avantage souder la communauté. Je n’ai jamais réussi à réunir
les nouveaux venus lors d’une livraison au moins pour un petit
briefing, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, n’est-ce pas
Régis ! Sans me faire beaucoup d’illusion, j’essaie ici de
lister pas mal de conneries, toutes faites à un moment ou à un autre
par un de nous (j’en ai largement fait ma part…). Cette liste n’est pas
exhaustive, n’hésitez pas à la compléter.
Pour
tout essai au sol :
Avant
de démarrer :
- faites
fonctionner les 2 accélérateurs pour contrôler la totalité de leur
course.
- contrôlez
visuellement
la position de la biellette sur le carburateur (elle doit être en butée
au ralenti). Bien sûr, attention aux personnes à proximité…
- pensez
qu’une hélice aspire tout ce qui est devant (et aussi
dessous) : tee-shirt, gants, housse et aussi la belle moquette
que vous avez glissé sous le MOSQUITO pour ne pas le
salir…Garçon !!! Une hélice, une…
Le
démarrage :
- connecter
le tuyau et pomper avec la poire (pour l’ancien modèle, le nouveau n’en
a plus) mais pas trop pour ne pas noyer le moteur (la poire se durcit
quand la conduite est pleine),
- mettre
le starter et
donner un coup de lanceur (ou de démarreur),
- si
l’action est “ nerveuse ” surtout sur la fin de la
course, le moteur émet un hoquet, et si c’est le cas :
- enlever
le starter, accélérez légèrement et
redonner une traction vigoureuse (pour que l’allumage
fonctionne, le moteur doit tourner au moins à 800 t/mn, c’est pourquoi
une traction molle ne suffit pas à démarrer. En vol je démarre à 2
mains),
- laissez
tourner puis
accélérez lentement.
Quand
le moteur tourne :
- accélérez
doucement pour ne pas faire “claquer” l’hélice repliable à l’ouverture
(elle peut casser),
- ne
laissez pas tourner
trop longtemps au sol, le moteur est mal refroidi, (pas plus d’une
minute).
L’essence
et l’huile :
Invariablement,
la
question sur l’essence et sur l’huile vient : tout le monde ou
presque tourne à l’essence sans plomb et malgré la conception assez
ancienne du moteur, ça semble ne pas poser trop de problèmes. Je crois
qu’on peut dire aujourd’hui qu’il n’y a plus de mauvaises huiles. Par
contre, le pire des mélanges est le mélange … sans huile… Je n’utilise
que de l’huile de couleur, peu importe si le mélange est rouge ou bleu
mais au moins, on sait qu’il y a de l’huile… Il est aussi déconseillé
de garder le mélange, disons plus de 2 ou 3 semaines. Côté
pourcentages, qualités, synthèse, pas synthèse : 12
interlocuteurs, 13 avis… et peut-être 14 avec le vôtre !
Côté
maintenance régulière :
- les
membranes du carburateur : environ tous les 50 heures. Si vous
avez peur de le faire vous même, démontez le carbu et allez chez le
concessionnaire HUSQUVARNA local, le carbu est celui de la plus grosse
de la gamme.
- la
courroie ne s’use
pas si elle n’est pas trop tendue,
- les
roulements de
l’arbre d’hélice doivent tenir 200 h sans trop de problèmes; néanmoins,
je vous conseille de vérifier en fin de saison si un jeu radial est
décelable.
- le
problème le plus
récurrent est la prise de jeu de la goupille de fixation du moyeu sur
l’arbre. Ne laissez pas le jeu prendre trop d’importance, sinon vous
risquez un cisaillement de la goupille… Vous pouvez donc faire procéder
à un revêtement genre chromage, nickelage pour rattraper quelques
centièmes, pour les dixièmes, il faudra faire une autre goupille, il
existe aussi du 6.35, cote américaine. Au delà, il faudra envisager un
autre arbre, ou … concevoir une autre système de fixation… A mon avis,
c’est la seule très mauvaise idée du MOSQUITO mais il fallait faire
léger, vite monté et pas trop cher...
Donc,
pas grand chose. Par contre, des petits détails sont souvent à régler,
vous apprendrez vite. Ça n’est pas un AIRBUS A320 …
Le
quotidien :
La
prévol :
Vérifiez
:
- la
fixation du carbu et de la boite à air,
- la
fixation du pot et du silencieux
additionnel si vous avez eu la bonne idée d’en monter un …,
- la
fixation du moteur,
- la
fixation de la
poulie sur l’arbre,
- le
frein d’hélice,
- les
jambes de train,
- les
commandes en contrôlant non seulement l’action sur la totalité de la
course mais aussi son effet (par exemple les biellettes du carburateur),
- très
important :
vérifiez les aiguilles du parachute, une ouverture intempestive devant
une hélice qui tourne peut être fort fâcheuse.
Le
décollage :
Il
n’est évidemment
pas possible de choisir ses conditions d’atterrissage, mais, par
contre, il est toujours temps de dire : “les
conditions ne m’inspirent pas, je ne décolle pas”. Ici, le doute n’est
pas permis : ou “on le sent, ou on ne le sent pas et on s’abstient”.
Si
le
vent de face est stable et de l’ordre de 15 km/h, c’est de la
rigolade !!! Par contre, si les thermiques qui passent vous
gratifient de bonne bouffées arrières …gaffe !!!
Donc :
- toujours
conseillé, quasiment jamais fait : placez un
fanion de rubalise à 25 m devant vous (enfin un peu sur le
coté quand même…). Si, après les 3 premiers pas, le vent passe cul,
arrêtez … et attendez un meilleur créneau…
- ne
JAMAIS pousser pour arracher le décollage : c’est la
boite assurée ! Evidemment, inutile de se jeter dans le
trapèze : ne pas confondre avec le tremplin de ST HILAIRE, le
sol n’est qu’à 30 cm sous la barre, ça fait un peu juste pour rattraper
un décrochage…
- ne
pas
décoller vent de travers, tournez vous face au vent et même s’il faut
porter, ça prend au pire 15 mn alors qu’il faut au moins 6 mois pour
refaire un genou… et encore si vous avez de la chance… (je sais de quoi
je parle…).
- équilibrez
l’aile dans les 3 premiers pas et faites voler
l’aile comme à l’initiation en école, sans vous soucier du MOSQUITO.
Gardez bien le cap (c’est facile, les pattes du train vous y aident) et
l’assiette neutre, quand l’aile aura généré suffisamment de portance,
elle vous soulèvera, rien de sorcier.
- ne
jamais décoller face à un obstacle, ni même sur le coté
d’un obstacle. Rappelons ce qui peut être raisonnablement considéré
comme un obstacle :
- l’aile
d’un copain
située 25 m devant et à 10 m sur le coté de la trajectoire…,
- la
voiture d’un observateur (environ au même emplacement…mais de l’autre
coté…),
- un
fil de clôture
barbelé ou pas, 50 m devant,
- un
champ de maïs à 20
ou 30 m sur le coté et “au vent”,
- le
hangar du terrain
quand il est “au vent”,
- l’un
des buts d’un
terrain de foot !!! (ne riez pas, j’ai vu un moniteur
paramoteur faire décoller ses élèves sur un terrain de foot situé en
pleine zone pavillonnaire, puis décoller lui même vent de cul pour les
rejoindre et voler à 100m sol au dessus du village…).
- ne
jamais décoller sur un terrain en pente si le champ suivant n’est pas
vraiment posable ! Par contre, vous pouvez décoller pour
partir en soaring puis démarrer le moteur une fois en vol calme, pour
un premier vol, si vous craignez le décollage, c’est une bonne solution.
- quand
le
moteur tourne, attention à ne pas reculer, les pattes du
train risquent de se replier et … une hélice !,
- avant
de décoller, il est bon de faire un essai plein gaz pour
vérifier que le moteur prend bien ses tours (bonne idée de monter un
compte-tour TINYTECH) mais, pour le début de course, il est préférable
d’accélérer progressivement pendant les trois premiers pas, comme en
libre pour un déco en pente douce, accélération progressive et foulée …
aérienne (évidemment…),
- si
vous
n’avez pas décollé au droit du fanion (qui a
dit : “ quel fanion ?”), inutile
d’insister, arrêtez la course sagement et attendez un meilleur créneau,
- quand
vous quittez le sol, faites un palier à 2
m/sol pendant la prise de vitesse, quand ça commence à monter malgré la
barre tirée, laissez monter. Mais “laissez” seulement et ne poussez
pas : c’est non seulement inutile mais surtout dangereux,
- quand
le sol s’est suffisamment
éloigné, vous ne manquez pas de rencontrer quelques
petites pompes, n’oubliez pas qu’un petit 1 m/s vous double votre taux
de montée… Bonne occasion pour réduire : moins de conso, moins
de bruit, plus de plaisir…,
- en
vol,
quand vous arrêtez
le moteur, préparez le prochain redémarrage, starter, accélérateur
légèrement ouvert,
- avant
de
redémarrer, pensez au frein d’hélice (avec l’hélice
repliable, il est inutile de laisser le frein bloqué, c’est un risque
de connerie de moins…),
- n’accélérez
pas trop brutalement pour ne pas faire claquer l’hélice repliable,
- n’attendez
pas le dernier moment
pour redémarrer, il est plus rentable de faire 5 mn de
moteur entre 500 et 700 m qu’ entre 100 et 300. De toute
manière, chez nous, au dessus du bocage normand, les points bas sont
rigoureusement déconseillés… et vous n’aurez pas bien envie d’en faire…
Pour préparer l’ atterrissage :
- ouvrez
le harnais assez tôt, vous pourrez le faire tranquillement quitte
à le refermer si vous repartez pour un tour de yoyo. (Il peut arriver
qu’une drisse ait fait des nœuds dans le vent, il vaut mieux un peu de
temps au calme pour défaire un nœud qu’on ne voit pas quand il faut
continuer à piloter et à regarder le circuit des autres en approche…),
- freinez
l’hélice et placez-la en
position horizontale si elle n’est pas repliable, cela permet de
la sauver si le harnais culbute à l’attéro,
- vérifiez
visuellement que les 2 pattes du train sont bien dépliées et en bonne position,
- ne
faites pas de PTS, encore moins
serrées, le MOSQUITO, avec la masse du moteur au niveau des pieds n’est
pas l’outil idéal pour ce genre de plaisanterie…,
- ne
vous relevez pas trop tôt, en particulier si l’hélice tourne (frein
défectueux), cela induit un mouvement de lacet du harnais si l’on prend
de la vitesse (qui n’intervient pas si l’on laisse les jambes dans le
harnais).
Désolé
pour cette
liste fastidieuse, mais il vaut mieux nommer les choses, le but n’est
pas de vous écœurer avant de commencer mais d’éviter de gaspiller du
moral et des sous par des bêtises stupides.
Joël
Letouzey
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