Article de Joël Letouzey publié dans le numéro 34 d'INFORM'AILES

Plaisir du vol en Mosquito
Les bons conseils à suivre

Le MOSQUITO est vraiment une fabuleuse machine de plaisir, mais il semble bien que certains ont raté la marche et, avant qu’une fausse réputation puisse s’installer, il est probablement bon de revenir sur quelques conseils pour éviter de se pourrir la vie et d’en rester sur des aigreurs. Je crois que la première erreur, souvent répétée, fût de rester isolé. Je regrette d’ailleurs que les commandes groupées n’aient pas pu d’avantage souder la communauté. Je n’ai jamais réussi à réunir les nouveaux venus lors d’une livraison au moins pour un petit briefing, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, n’est-ce pas Régis ! Sans me faire beaucoup d’illusion, j’essaie ici de lister pas mal de conneries, toutes faites à un moment ou à un autre par un de nous (j’en ai largement fait ma part…). Cette liste n’est pas exhaustive, n’hésitez pas à la compléter.

Pour tout essai au sol :

Avant de démarrer :

  • faites fonctionner les 2 accélérateurs pour contrôler la totalité de leur course.
  • contrôlez visuellement la position de la biellette sur le carburateur (elle doit être en butée au ralenti). Bien sûr, attention aux personnes à proximité…
  • pensez qu’une hélice aspire tout ce qui est devant (et aussi dessous) : tee-shirt, gants, housse et aussi la belle moquette que vous avez glissé sous le MOSQUITO pour ne pas le salir…Garçon !!! Une hélice, une…

Le démarrage :

  • connecter le tuyau et pomper avec la poire (pour l’ancien modèle, le nouveau n’en a plus) mais pas trop pour ne pas noyer le moteur (la poire se durcit quand la conduite est pleine),
  • mettre le starter et donner un coup de lanceur (ou de démarreur),
  • si l’action est “ nerveuse ” surtout sur la fin de la course, le moteur émet un hoquet, et si c’est le cas :
    • enlever le starter, accélérez légèrement et redonner une traction vigoureuse (pour que l’allumage fonctionne, le moteur doit tourner au moins à 800 t/mn, c’est pourquoi une traction molle ne suffit pas à démarrer. En vol je démarre à 2 mains),
    • laissez tourner puis accélérez lentement.

Quand le moteur tourne :

  • accélérez doucement pour ne pas faire “claquer” l’hélice repliable à l’ouverture (elle peut casser),
  • ne laissez pas tourner trop longtemps au sol, le moteur est mal refroidi, (pas plus d’une minute).

L’essence et l’huile :

Invariablement, la question sur l’essence et sur l’huile vient : tout le monde ou presque tourne à l’essence sans plomb et malgré la conception assez ancienne du moteur, ça semble ne pas poser trop de problèmes. Je crois qu’on peut dire aujourd’hui qu’il n’y a plus de mauvaises huiles. Par contre, le pire des mélanges est le mélange … sans huile… Je n’utilise que de l’huile de couleur, peu importe si le mélange est rouge ou bleu mais au moins, on sait qu’il y a de l’huile… Il est aussi déconseillé de garder le mélange, disons plus de 2 ou 3 semaines. Côté pourcentages, qualités, synthèse, pas synthèse : 12 interlocuteurs, 13 avis… et peut-être 14 avec le vôtre !

Côté maintenance régulière :

  • les membranes du carburateur : environ tous les 50 heures. Si vous avez peur de le faire vous même, démontez le carbu et allez chez le concessionnaire HUSQUVARNA local, le carbu est celui de la plus grosse de la gamme.
  • la courroie ne s’use pas si elle n’est pas trop tendue,
  • les roulements de l’arbre d’hélice doivent tenir 200 h sans trop de problèmes; néanmoins, je vous conseille de vérifier en fin de saison si un jeu radial est décelable.
  • le problème le plus récurrent est la prise de jeu de la goupille de fixation du moyeu sur l’arbre. Ne laissez pas le jeu prendre trop d’importance, sinon vous risquez un cisaillement de la goupille… Vous pouvez donc faire procéder à un revêtement genre chromage, nickelage pour rattraper quelques centièmes, pour les dixièmes, il faudra faire une autre goupille, il existe aussi du 6.35, cote américaine. Au delà, il faudra envisager un autre arbre, ou … concevoir une autre système de fixation… A mon avis, c’est la seule très mauvaise idée du MOSQUITO mais il fallait faire léger, vite monté et pas trop cher...

Donc, pas grand chose. Par contre, des petits détails sont souvent à régler, vous apprendrez vite. Ça n’est pas un AIRBUS A320 …

Le quotidien :

La prévol :

Vérifiez :

  • la fixation du carbu et de la boite à air,
  • la fixation du pot et du silencieux additionnel si vous avez eu la bonne idée d’en monter un …,
  • la fixation du moteur,
  • la fixation de la poulie sur l’arbre,
  • le frein d’hélice,
  • les jambes de train,
  • les commandes en contrôlant non seulement l’action sur la totalité de la course mais aussi son effet (par exemple les biellettes du carburateur),
  • très important : vérifiez les aiguilles du parachute, une ouverture intempestive devant une hélice qui tourne peut être fort fâcheuse.

Le décollage :

Il n’est évidemment pas possible de choisir ses conditions d’atterrissage, mais, par contre, il est toujours temps de dire :  “les conditions ne m’inspirent pas, je ne décolle pas”. Ici, le doute n’est pas permis : ou “on le sent, ou on ne le sent pas et on s’abstient”.

Si le vent de face est stable et de l’ordre de 15 km/h, c’est de la rigolade !!! Par contre, si les thermiques qui passent vous gratifient de bonne bouffées arrières …gaffe !!!

Donc :

  • toujours conseillé, quasiment jamais fait : placez un fanion de rubalise à 25 m devant vous (enfin un peu sur le coté quand même…). Si, après les 3 premiers pas, le vent passe cul, arrêtez … et attendez un meilleur créneau…
  • ne JAMAIS pousser pour arracher le décollage : c’est la boite assurée ! Evidemment, inutile de se jeter dans le trapèze : ne pas confondre avec le tremplin de ST HILAIRE, le sol n’est qu’à 30 cm sous la barre, ça fait un peu juste pour rattraper un décrochage…
  • ne pas décoller vent de travers, tournez vous face au vent et même s’il faut porter, ça prend au pire 15 mn alors qu’il faut au moins 6 mois pour refaire un genou… et encore si vous avez de la chance… (je sais de quoi je parle…).
  • équilibrez l’aile dans les 3 premiers pas et faites voler l’aile comme à l’initiation en école, sans vous soucier du MOSQUITO. Gardez bien le cap (c’est facile, les pattes du train vous y aident) et l’assiette neutre, quand l’aile aura généré suffisamment de portance, elle vous soulèvera, rien de sorcier.
  • ne jamais décoller face à un obstacle, ni même sur le coté d’un obstacle. Rappelons ce qui peut être raisonnablement considéré comme un obstacle :
    • l’aile d’un copain située 25 m devant et à 10 m sur le coté de la trajectoire…,
    • la voiture d’un observateur (environ au même emplacement…mais de l’autre coté…),
    • un fil de clôture barbelé ou pas, 50 m devant,
    • un champ de maïs à 20 ou 30 m sur le coté et “au vent”,
    • le hangar du terrain quand il est “au vent”,
    • l’un des buts d’un terrain de foot !!! (ne riez pas, j’ai vu un moniteur paramoteur faire décoller ses élèves sur un terrain de foot situé en pleine zone pavillonnaire, puis décoller lui même vent de cul pour les rejoindre et voler à 100m sol au dessus du village…).
    • ne jamais décoller sur un terrain en pente si le champ suivant n’est pas vraiment posable ! Par contre, vous pouvez décoller pour partir en soaring puis démarrer le moteur une fois en vol calme, pour un premier vol, si vous craignez le décollage, c’est une bonne solution.
  • quand le moteur tourne, attention à ne pas reculer, les pattes du train risquent de se replier et … une hélice !,
  • avant de décoller, il est bon de faire un essai plein gaz pour vérifier que le moteur prend bien ses tours (bonne idée de monter un compte-tour TINYTECH) mais, pour le début de course, il est préférable d’accélérer progressivement pendant les trois premiers pas, comme en libre pour un déco en pente douce, accélération progressive et foulée … aérienne (évidemment…),
  • si vous n’avez pas décollé au droit du fanion (qui a dit :  “ quel fanion ?”), inutile d’insister, arrêtez la course sagement et attendez un meilleur créneau,
  • quand vous quittez le sol, faites un palier à 2 m/sol pendant la prise de vitesse, quand ça commence à monter malgré la barre tirée, laissez monter. Mais “laissez” seulement et ne poussez pas : c’est non seulement inutile mais surtout dangereux,
  • quand le sol s’est suffisamment éloigné, vous ne manquez pas de rencontrer quelques petites pompes, n’oubliez pas qu’un petit 1 m/s vous double votre taux de montée… Bonne occasion pour réduire : moins de conso, moins de bruit, plus de plaisir…,
  • en vol, quand vous arrêtez le moteur, préparez le prochain redémarrage, starter, accélérateur légèrement ouvert,
  • avant de redémarrer, pensez au frein d’hélice (avec l’hélice repliable, il est inutile de laisser le frein bloqué, c’est un risque de connerie de moins…),
  • n’accélérez pas trop brutalement pour ne pas faire claquer l’hélice repliable,
  • n’attendez pas le dernier moment pour redémarrer, il est plus rentable de faire 5 mn de moteur entre 500 et 700 m qu’ entre 100 et 300. De toute manière, chez nous, au dessus du bocage normand, les points bas sont rigoureusement déconseillés… et vous n’aurez pas bien envie d’en faire…

Pour préparer l’ atterrissage :

  • ouvrez le harnais assez tôt, vous pourrez le faire tranquillement quitte à le refermer si vous repartez pour un tour de yoyo. (Il peut arriver qu’une drisse ait fait des nœuds dans le vent, il vaut mieux un peu de temps au calme pour défaire un nœud qu’on ne voit pas quand il faut continuer à piloter et à regarder le circuit des autres en approche…),
  • freinez l’hélice et placez-la en position horizontale si elle n’est pas repliable, cela permet de la sauver si le harnais culbute à l’attéro,
  • vérifiez visuellement que les 2 pattes du train sont bien dépliées et en bonne position,
  • ne faites pas de PTS, encore moins serrées, le MOSQUITO, avec la masse du moteur au niveau des pieds n’est pas l’outil idéal pour ce genre de plaisanterie…,
  • ne vous relevez pas trop tôt, en particulier si l’hélice tourne (frein défectueux), cela induit un mouvement de lacet du harnais si l’on prend de la vitesse (qui n’intervient pas si l’on laisse les jambes dans le harnais).

Désolé pour cette liste fastidieuse, mais il vaut mieux nommer les choses, le but n’est pas de vous écœurer avant de commencer mais d’éviter de gaspiller du moral et des sous par des bêtises stupides.

Joël Letouzey

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