Le SE5a de Richard Morier... va muter !
morier1@free.fr

Après avoir entrepris la réalisation d'une réplique ULM monoplace du SE5a, puis décidé de s'en séparer à un stade avancé de construction, Richard décide de s'appuyer sur celle-ci pour réaliser un autre appareil; non encore baptisé. Il va donc continuer de vous faire partager sa progression dans la réalisation de son nouveau projet.

CHRONOLOGIE
25 avril 2001 : Arrivée des plans
10 mai 2001 : Premières commandes de matériaux
15 mai 2001 : Préparation du lieu de montage
16 mai 2001 : Les premiers collages
15 juin 2001 : Fuselage monté, vérifications...
25 juin 2001 : Problèmes d'accastillage
27 juin 2001 : Siège posé... et premières sensations !
27 août 2001 : Premières photos
30 août 2001 : 150 heures d'atelier au compteur
7 novembre 2001 : Le point
14 avril 2003 : ebauche à vendre
3 mars 2004 : changement de cap ! Le SE5a va entrer en mutation...
16 mars 2004 : photos du montage du fuselage
 25 avril 2001
Les plans sont arrivés ce matin !

Cela faisait 26 ans, dès mes premières leçons de pilotage, le temps de mon premier brevet, le vol à voile, que l'envie de construire mon avion me travaillait.

Pendant toutes ces années, j'avais tout envisagé :

… du plus cher, acheter un Robin d'occasion, celui sur lequel j'avais passé mon pilote privé ;

… au plus fou, de ces kits américains pour avions pressurisés qui croisent à 300 kts au FL 200 ;

… au plus modeste … mon paramoteur et un chariot PULMA que j'ai finalement réalisés !

Une fois le moment venu, la décision de construire prise, le choix reste difficile. Il suffit, pour s'en rendre compte, de parcourir " Le Mondial de l'Aviation ".

Depuis que j'ai fait du Pitts, du Tiger Moth ou du Bücker Jungmeister, je voulais voler la " tête dehors ".

Depuis mes qualifications IFR je voulais faire simple et léger dans l'esprit ULM et …depuis l'achat de la maison familiale je voulais rester modeste quant aux coûts divers et variés.

Bref, je voulais un biplan monoplace en bois et toile classé ULM.

Mon choix s'est arrêté sur une réplique au 7/8 du " Royal Aircraft Factory SE5a " commercialisé par Monsieur POCINO en France. Chèque parti, l'impatience est grande.

25 avril donc, les plans sont arrivés et à leur première lecture je me sens un petit peu anxieux, mesurant l'importance de la juste exécution de chaque pièce et de l'ensemble dans lequel je vais me retrouver plusieurs milliers de pieds au-dessus du sol.

Un avion, ULM ou autre, est conçu pour être léger, le plus léger possible. Alors chaque composant est calculé au plus juste. Il ne s'agit pas de lésiner ni avec les sections ni avec la qualité des matériaux. C'est une construction amateur mais ici le mot amateur ne saurait être entendu au sens de bricoleur. En bois, la tolérance et de 5/10 et ce n'est pas facile.

Il m'a fallu une bonne semaine d'immersion dans cette liasse en deux dimensions pour arriver à reconstruire dans mon esprit l'ensemble en trois dimensions. Comprendre comment chaque pièce est faite, comment elle est jointe aux autres et comment l'ensemble s'articule jusqu'à former l'avion.

L'original, un biplan dessiné et construit par les anglais en 1916, avait été à l'origine développé " autour " du nouvel Hispano Suiza de 200 cv. La réplique sera plus modestement motorisée par le Rotax 503 2CDI, mais elle pèse aussi quatre fois moins.

Pendant la première guerre mondiale il sera affecté sur le front en France. Il sera l'égal du Sopwith Camel et équipera des escadrilles britanniques et américaines.

Mes plans portent le numéro 27 et si 26 autres amateurs les ont, comme moi, acquis, seuls huit sont arrivés au terme de l'aventure et volent. Cela me rappelle à plus d'humilité, me ramène sur terre et me renvoie au labeur qui m'attend.

Selon l'objectif que je m'étais fixé, l'ensemble de ce SE5a est en bois et toile. Il possède aux dires de ceux qui le pilotent d'excellentes qualités de vol, il est vraiment ULM (masse à vide 185kg, poids total au décollage 295kg) et se vole " aux fesses " avec juste un alti, un badin et un compas.

Pourquoi le bois ? Je suis menuisier constructeur de bateaux de formation et je dispose de toutes les machines. Il me semble que pour assurer un résultat, il est important de connaître ses limites et de s'y tenir !

D'autant plus que je n'aime pas travailler le métal et que je ne suis pas outillé pour. L'outillage, comme le soulignait Joël il y a quelque temps dans Inform'Ailes , peut coûter très cher.

Alors, du pin d'Oregon ou un beau sapin du Risou avec une belle veine bien droite et sans nœuds, du frêne et un lot de contreplaqués, de la toile, de l'enduit et quelques pièces d'accastillage en AU4G.

Première étape, commencée il y a plus de deux mois, la commande de catalogues partout en Europe et aux USA pour comparer les prix et établir un budget.

Après élimination de quelques fantaisistes qui, à produits égaux, pratiquent des prix qui les disqualifient d'entrée, la palme du meilleur marché pour la plupart des produits et en particulier pour les instruments, revient à " Aircraft Spruce & Specialty C°" en Californie.

Des matériaux à l'outillage, tout pour construire un avion en 500 pages à des prix réellement extraordinaires, de 25% à 85% de moins qu'en Europe !

Mais à la seconde analyse, le coût du shipping, l'incapacité des américains à m'indiquer les taxes qui seront appliquées à l'importation, les délais et les difficultés à renvoyer une commande qui ne serait pas conforme, m'ont fait me retourner vers des entreprises françaises. C'est plus souple et pour joindre quelqu'un au téléphone pas besoin d'attendre 20 ou 22h à cause du décalage horaire.

Donc " Ets Charles " en région parisienne pour les contreplaqués aviation, " Friebe " à Cannes pour la colle Aerodux et " ULM Technologie " à Valenciennes pour les composants mécaniques, visserie, rotules, aluminium etc …

Je garde les américains pour les instruments car là, la différence de prix est telle que cela vaut la peine de s'énerver un peu au téléphone !

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10 mai 2001

Les premiers chèques et commandes de matériaux sont partis.

J'ai débité et raboté le bois nécessaire au montage des couples du fuselage et quelques renforts en frêne. Grâce aux machines ce n'est qu'une formalité, il y a pas mal de sections différentes et je sais qu'il serait difficile de trouver un menuisier qui accepterait de passer plusieurs heures à ce petit travail … pour un prix raisonnable !

15 mai 2001

Enfin, il fait beau et chaud alors on y va : vérification de la température et de l'hygrométrie dans l'atelier, réalisation des collages des couples dans un gabarit que j'avais préalablement fabriqué pour être assuré du bon équerrage de chaque pièce.

Je profite aussi de cette belle journée pour préparer un gabarit/châssis pour le montage des nervures de l'aile. Heureusement, le concepteur/dessinateur de l'avion a choisi un profil constant et un seul modèle suffira.

16 mai 2001

La colle est dure, les couples sont prêts pour la phase suivante. Plancher, flancs et assemblage du fuselage.

Jusqu'à présent tout va bien mais je m'efforce de rester attentif à la qualité de mon travail. Je ne veux pas une fois en l'air "penser sans cesse à ce petit trait de scie en trop, camouflé par un peu de colle " !! Je compte bien pouvoir assurer à la cellule un potentiel de 2000 heures. Beaucoup d'avions en bois ont plus et sans soucis autres que les visites périodiques et obligatoires.

Jusqu'à présent je comptabilise 7heures (!) de travail effectives à l'atelier sur les … 1500 prévues, donc au " petit trot " pour ne pas s'essouffler et tenir jusqu'à la fin … avec le sourire !

Les contreplaqués et la quincaillerie arrivent dans deux jours. En attendant je vais débiter le bois pour les couples d'ailes. Il ne faut pas non plus trop préparer de bois à l'avance car un bois raboté peut, s'il n'est pas assemblé dans un terme raisonnable, se vriller et perdre la rectitude nécessaire à un travail rigoureux surtout par les temps pluvieux et humides que nous connaissons cette année.

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15 juin 2001

80 heures de travail plus tard …

Le fuselage est monté, tous les couples et entretoises sont ajustés, posés et collés. Chaque côté et le ventre sont recouverts de contreplaqué de 8/10ème. La cloison pare-feu est montée, l'armature de l'empennage est posée collée.

Je passe l'ensemble aux vérification d'alignement, d'équerrage et de mesures … tout va bien je suis " dans les chiffres " à 2mm près sur une longueur de 410cm, soit environ 0.05% … acceptable !

Après avoir préparé une structure, j'ai fabriqué un faux siège sur lequel je me suis assis pour prendre mes mesures assis en position de pilotage. Il me fallait définir la position du " vrai " siège, sa hauteur par rapport au plancher pour une bonne visibilité au dessus du capot (le SE5a est un train classique et le nez est plus long que la moyenne des avions de sa catégorie).

Ensuite l'emplacement des palonniers pour une position confortable et une action efficace sur la gouverne de direction.

Enfin les commandes ailerons et profondeur, l'articulation du manche en tubes d'AU4G sur rotules Uniball. Pas facile car je connais mal le travail du métal et je ne suis pas du tout équipé pour la découpe de plaques de 3 ou 4 mm d'épaisseur.

Tout est en place … prochain objectif : le placement des câbles de commande des palonniers et de la profondeur, ensuite placer les petits couples et entretoises pour le dos du fuselage qui sera entoilé ultérieurement.

Bilan après 90 heures d'atelier : le travail avance bien, même plus vite que je ne le prévoyais !

Avec de la méthode et un strict respect des cotes, cette première partie du travail est à la portée de tout amateur un peu bricoleur même étranger au travail du bois.

Pour l'outillage, une fois le bois débité et raboté sur les machines d'un menuisier, un rabot, une scie à onglet et beaucoup de petites presses suffisent.

Pour la suite … on verra quand on y sera. Comme toujours et c'est une constante dans tous les domaines, le début va vite et les finitions sont … interminables si l'on veut un beau résultat !

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25 juin 2001

Les câbles de commande ne sont toujours pas posés. J'ai des problèmes pour trouver des pièces d'accastillage. L'entreprise française que j'avais choisie dans le Nord est très sympathique mais terriblement inefficace. Voilà deux mois que j'attends un devis pour les produits d'entoilage et plus d'une semaine pour quelques pièces d'accastillage, mauvais envois à répétition, tôle d'alu mal conditionnée et arrivée chiffonnée ! Tant-pis, je vais prendre quelques articles aux Etats Unis. Je groupe ma commande, j'en profite pour faire venir les instruments et leurs accessoires, alti, badin, tube pitot.

En attendant le colis de Californie, j'attaque la quille et la dérive. Je choisi un bois exotique dur et léger pour le support de roulette de queue.

De même, je confectionne les deux arceaux en lamellé-collé qui vont servir à poser le capot de nez de fuselage au-dessus du tableau de bord et du réservoir.

27 juin 2001

Le siège est posé et pour la première fois je peux m'asseoir dans mon avion et tenir les commandes.

Première impression : comme je m'y attendais, le cockpit est légèrement exigu; c'est un ULM mais bon débattement du manche dans tous les axes. Les palonniers sont bien placés, j'ai bien fait de prendre mes mesures et de ne pas suivre le plan, car ils auraient été " un peu courts ". Le tableau de bord est parfaitement accessible pour les réglages des instruments en vol. Je dois encore déterminer les emplacements de commandes de moteur. Soit à gauche comme les pilotes militaires, soit à droite comme les pilotes civils …

Je m'offre un ou deux " loops ", une glissade et je retourne à l'atelier !

 NB : Pour toute information complémentaire, références, adresses de fournisseurs, le SE5a, n'hésitez pas à m'envoyer un E-Mail (morier1@free.fr), je serai ravi de partager le modeste résultat de mes recherches. De même, si vous devez débiter du bois pour vos propres réalisations, je serai très heureux de vous aider.

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27 août 2001

Le SE5a commence sérieusement à ressembler à son image !

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30 AOÛT 2001

150 heures d'atelier au compteur. Le rythme ralentit sensiblement, la structure du fuselage étant achevée il faut maintenant l'habiller et l'équiper. La progression du travail est moins spectaculaire. Mille et une petites pièces à façonner, des solutions à trouver, à inventer avec des heures de gamberge hors compteur !!

Cela va de l'installation des commandes et câbles de commande, aux supports de toutes sortes : tableau de bord, réservoir, batterie, poulies de renvoi, câblage électrique etc ... Aucune de ces choses ne sont réellement indiquées sur les plans, alors il faut chercher, adapter, surtout penser à tout et ne pas se presser. Car une fois le fuselage " fermé " et collé pas de recours autre que de casser ! … les trappes de visites par leur taille permettent des contrôles, des réglages, de petits remplacements mais certainement pas l'installation de pièces importantes qui aurait pu être oubliées.

A cela se rajoute la difficulté à trouver toutes ces petites pièces : poulies, câbles, cosses cœur, Nicopress, trois boulons par-ci, quatre écrous par-là, tout cela dans des dimensions différentes bien sûr. Il y a aussi les délais de livraison, les erreurs d'envoi (spécialité d'une sté française dans le Nord), les marchandises hors stock et même un chèque perdu par la poste.

Un exemple parmi d'autres : les Nicopress et cosses cœur ainsi que le câble inox se trouvent aux USA chez " Aircraft Spruce & Specialty " à des prix hors concurrence malgré les frais d'envoi et les différentes taxes (douanes et TVA) mais j'ai du les attendre plus d'un mois et demi !

J'ai donc commencé à poser les câbles de commande des gouvernes de profondeur et de direction. J'utilise des " cosses cœur " et des manchons Nicopress. Le problème a été de me procurer une pince pouvant sceller plusieurs tailles de manchons à un prix raisonnable. Mission impossible ! Alors je l'ai confectionnée moi-même. Deux morceaux d'acier avec chacun un demi trou, une fois assemblées ces deux pièces montre un trou " complet " à la bonne dimension. On place le manchon dans ce trou, les deux pièces en acier dans un étau de mécanique et l'on serre. J'ai économisé 2300 francs, cela valait bien la peine de réfléchir un peu !

Une autre difficulté qui me ralentit en ce moment : le train d'atterrissage. Les jambes du train principal son posées et boulonnées sur leurs renforts. Cela n'a pas été un mince affaire, ajustage dans les trois dimensions avec plaques et contreplaques en AU4G qui s'entrecroisent, les initiés comprendront !

Après quelques recherches j'ai trouvé les roues, c'est à dire des roues de mobylette 17 pouces à rayons. Une réplique d'un avion de 1916 à ses exigences ! Le concepteur proposait des roues de Solex mais j'en voulais équipées de freins, je n'imagine pas un avion sans freins … ne serait-ce que pour faciliter les 180° au sol !

Maintenant il faut procéder au montage des roues sur l'essieu et c'est là que les difficultés commencent. Quel montage, quelles pièces faut-il tourner, où les faire tourner, le montage des freins, cette solution sera-elle assez résistante aux nids de poule inévitables sur les terrains en herbe. J'espère arriver à un résultat satisfaisant dans …. je ne sais pas !!

Le système et montage des suspension de l'essieu de train principal est vraiment mal ou pas expliqué sur les plans. Il m'a fallu une bonne semaine à me gratter la tête pour comprendre ! Le concepteur a du penser que nous étions tous des constructeurs chevronnés d'avions de cette époque !

La roulette de queue en est à sa troisième version !! … et je ne suis toujours pas content ! Le montage préconisé par le concepteur ne me plaisait pas. J'ai choisi une suspension avec un amortisseur de fourche avant de scooter plutôt qu'un bloc de caoutchouc. C'est plus souple et ne rebondit pas. La roulette omnidirectionnelle et son montage ne sont pas encore trouvés. J'y pense la nuit, j'y pense la journée … Peut-être une solution bientôt …

C'est le problème de la construction amateur sur base de plans, sans kit ; chaque étape est une première fois, il faut à toujours inventer le processus, la façon de faire, le mode d'opération, trouver les matériaux. Les plans, ceux là en tous cas, ne donnent pas toutes les solutions … loin s'en faut !

Pour changer et arrêter de tourner en rond sur les mêmes problèmes, je viens de monter les petites lisses en bois qui soutiendront la toile sur le dos du fuselages ainsi que des plaques de contreplaqué 8/10 qui recouvrent partiellement cet endroit pour le renforcer. Ce sont des ajustages sans réelles difficultés, le problèmes résidant plutôt dans leur collage. En effet, tout est arrondi et comme on utilise ni vis ni agrafes, il faut trouver des moyens de pressage autre que les serre-joints impossible à utiliser.

J'utilise des sangles larges à cliquet vendues dans les magasins de bricolage pour l'arrimage des chargement sur les voitures … je n'ai rien trouvé d'autre … mais c'est une excellente solution qui permet un serrage léger et progressif de grandes surfaces arrondies. Un jeu de petites cales et de coins sous la sangle aux endroits de pressage permet de répartir la charge exactement là où il le faut.

 

Prochaine étape, à part le train d'atterrissage (!) : la pose du plan horizontal. C'est à dire :

1.perpendiculaire à l'axe longitudinal de la machine

2.parallèle à l'axe d'implantation des ailes

3.calé en incidence selon les cotes du plan par rapport à l'axe longitudinal du fuselage

…… cela va encore être du sport !!

Bilan de mon travail rendu à ce stade :

1. Le travail du bois demeure assez aisé une fois que l'on a compris par où commencé quoique certains ajustages demandent de l'expérience, je conseille au néophytes de prévoir des pièces pour s'entraîner

2. la réalisation des pièces métalliques est, comme prévue, plus ardue que celles en bois et là aussi faire des pièces en carton avant d'attaquer l'AU4G.

3. les plans continuent de demander beaucoup de réflexion car sans êtres partiels, ils ne rentrent pas dans tous les détails. Dans bien des cas on se retrouve un peu seul. Le concepteur oublie souvent qu'il s'adresse à des gens qui construisent une machine pour la première fois. Les quelques notes qui accompagnent les plans sont extrêmement succinctes et largement insuffisantes. La création d'un livret qui accompagnerait la construction serait souhaitable. Le mode de communication proposé par Monsieur Pocino qui commercialise les plans, courrier normal, est peu souple voire très lent. Un E-Mail serait un minimum.

4. malgré tout cela, l'avance demeure rapide par rapport aux prévisions du concepteur

5. … et posé sur des roues provisoires, le nez vers le plafond de l'atelier, mon "Royal Aircraft Factory / SE5a " commence terriblement à ressembler à un avion !!

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7 novembre 2001

Aujourd'hui, j'aimerais commencer par un message personnel. Voilà six mois que j'ai commencé ce journal de construction accueilli magnifiquement sur ce site de l'APPULMA. Alors je voudrais dire un grand merci à tous ceux qui après avoir lu ces lignes me témoignent de leur sympathie et m'envoient des encouragements.

Je me sens un peu moins seul sur ce chemin et je m'aperçois que, comme moi, beaucoup y pensent et en rêvent de cet avion qu'il vont un jour construire, biplan ou canard, plastique ou bois et toile, classique ou tricycle...

Je leur souhaite patience et persévérance, cela m'a pris presque 25 ans avant de réunir toutes les conditions… toutes ?… enfin… presque. Mais il faut bien un peu forcer le destin quelque fois !!

Côté atelier, rien de vraiment nouveau ! La construction est presque arrêtée pour des raisons professionnelles et familiales, mais cela aussi fait partie de la construction amateur… !

De plus avec l'humidité et la fraîcheur, mon atelier n'étant pas chauffé, je dois limiter les collages pour garantir la solidité des assemblages. Je devrais commencer ou plutôt continuer les nervures des ailes ! Heureusement ce sont de petits montages et une fois les différentes pièces ajustées, les collages seront emmenés " au coin du feu ". Le montage final des nervures d'ailes sur les longerons attendront le printemps… après tout il n'y a rien de pressé… je viens de " gonfler " mon PC à bloc et d'y installer le Microsoft FS 2002 PRO, époustouflant … de quoi passer un hiver sans trop de frustration à maintenir mes aptitudes IFR!

Le fuselage lui est presque terminé. Les câbles de commande sont en place quoiqu'il me faille poser quelques poulies pour éviter des frottements intempestifs sur les couples du fuselage.

Il faudra aussi trouver des ridoirs, pièces d'accastillage permettant le réglage de tension sur les câbles. En fait, cela se trouve assez facilement mais si les modèles proposés sont parfaits pour les différents raidisseurs de voilure, ils sont largement surdimensionnés par rapport aux efforts demandés pour les câbles de commande (30 à 35 kg). On peut certes penser que " Qui peut le plus peut le moins " et que c'est tant mieux si ces ridoirs sont trop résistants mais il y a deux points auxquels je veux rester attentif :

Premièrement le poids, l'addition de mille et un petits " détails " peuvent faire des kilos en fin de construction et peut-être même avoir une influence sur le centrage.

Deuxièmement le prix, 85 francs/pièce. Pour les commandes de direction et de profondeur il en faut déjà six et ensuite au moins douze pour raidisseurs de voilure ! Je ne suis pas près de mes sous mais un ULM doit aussi à mon sens rester ultra léger dans son budget.

Donc, encore bien des heures sur Internet pour trouver toutes ces petites choses !

Maintenant je dois commencer à songer sérieusement au réservoir et à sa fixation. Métal ou plastique, soudé ou acheté fini, fixation rigide ou sur silent-blocks ? Les plans ne disent rien de précis …

Idem pour la commande des gaz. Elle doit non seulement commander l'admission mais sur la même poignée je veux joindre les commandes de freins. J'ai déjà fait un prototype… le principe est bon mais je dois travailler les détails, je repars à zéro sur de l'alu cette fois!

Je vais aussi profiter de ces mois d'hiver pour travailler sur la planche de bord. Les instruments sont arrivés des Etats-Unis, la panneau est coupé, j'ai une plaque d'alu pour renforcer l'ensemble, j'ai fait quelques projets sur papier à l'échelle 1/1, encore quelques semaines et je serai mûr pour percer les trous.

Malgré ce ralentissement, ces hésitations, ces recherches, une bonne nouvelle quand même : la roulette de queue est terminée et mieux, cette fois j'en suis satisfait ! Une roulette omni-directionnelle sur roulement montée sur un tube en acier lui même sur un axe à son autre extrémité fixée sur le fuselage par une plaque en AU4G. De la roulette vers un point situé sur le fuselage 30 cm au dessus du départ du tube acier, un amortisseur avant de petit scooter 50cc assure la suspension en direct. (je sais, ce n'est pas très clair alors voyez le croquis !)

 

Dernier point pour cette mise à jour : j'ai passé mon dimanche après-midi à appliquer une couche de protecteur bois à l'intérieur du fuselage. Je serais navré de voir des parasites aux mandibules voraces se régaler de mon SE5a ou pire, de sentir le fuselage se désagréger en plein vol nous faisant lui et moi victimes de la gourmandise de ces néfaste grignoteurs de cellulose !

14 avril 2003

Je retrouve le clavier pour malheureusement mettre un point final à ce journal. En effet, des circonstances professionnelles et familiales m'ont arrêté dans mon élan depuis presque un an et demi et cela continue et continuera encore pour peut-être des années !!

Je ne sais pas quand je pourrais reprendre et je vais avoir besoin de la place qu'occupe mon atelier … En quelques mots : je dois me séparer de l'ébauche de mon SE5a.

Alors c'est la mort dans l'âme que je le mets en vente au plus offrant avec un stock de feuille de contre- plaqué 8/10 plus des pièces d'accastillage et des instruments de vol …

Contactez-moi pour toute information.

3 mars 2004

J'avais dit point final ?! Rien n'est jamais sûr !! Me revoilà à nouveau en selle.

Déjà plus de deux ans que j'avais arrêté d'aller à l'atelier et que mon fuselage attendait des jours meilleurs … ou pire !!

Des obligations professionnelles puis ensuite familiales m'en avaient éloigné. Le soleil revient avec le printemps 2004 et plein d'enthousiasme pour reprendre le travail. Que le chemin est long. Je pensais que c'était les heures de travail qui seraient nombreuses et me conduiraient peut-être à un abandon. En fait ce sont les circonstances extérieures qui auront été les plus contrariantes.

Alors ou en suis-je de ce feuilleton qui dure maintenant depuis mai 2001, près de 3 ans ?

Il n'y a pas de hangar disponible sur la base ULM qui est à un jet de pierre de la maison ou plutôt une possibilité mais à environ 7000€ l'achat de la part de copropriétaire plus les frais annuels !! Pour le même prix je peux acheter 2 hectares de terres agricoles ou 4 de pâture à moutons …

Les autres bases les plus proches sont à 25 km ou 50 km. La première n'accepte que les pendulaires(!) et l'autre est vraiment trop loin pour envisager sérieusement d'y aller. Deux heures de route pour chaque vol … cela m'interdit tous les vols du soir sous peine d'un divorce immédiat.

Je dois envisager une solution de rechange ... L'abandon de la voilure biplan pour une solution monoplan et repliable. Une remorque et ma grange qui servira de hangar.

Pour cela il me faut trouver des plans et c'est plus facile à dire qu'à faire !

Je suis sur trois pistes. Une première,française : Monsieur André MORIN et une voilure repliable qui est installée sur son HM85. Plusieurs inconvénients : d'abord l'aile se replie en restant à plat et l'encombrement en largeur reste de 3,40m, bien trop pour prendre la route. Ensuite il faut que j'adapte beaucoup de détails pour passer d'une aile haute destinée à un biplace avec volets de courbures à fentes et volets de bords d'attaque à une aile simple pour un monoplace. Enfin le prix de la liasse de plans de l'aile : 215 € !

Une seconde solution française : adapter la voilure du HM8 d'Henri Mignet. Juste ce qu'il me faudrait : une aile "parasol" très simple et très solide qui a fait ses preuves. Il me faudrait cependant l'adapter car elle n'est pas prévue pour être démontable.

La troisième solution est américaine, la meilleure pour l'instant : une aile d'un ULM monoplace. La surface correspond à ce que je recherche, les performances présentées me conviennent, elle est de type "parasol" et … elle est repliable. BINGO !! Pour l'instant je suis en contact e-mail avec Monsieur Eric CLUTTON dans le Tennessee qui a créé FRED (le nom de cet avion). Les plans de tout l'ensemble de la machine sont annoncés 60 US$ donc très abordables et l'aile est directement adaptable à mon fuselage sans changer ni la surface ni le système d'attaches.

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"FRED" de Eric Clutton Tennessee USA.
L'aile est repliable par une personne en quelques minutes et se positionne contre le fuselage après un double pivotement de 90° vers l'arrière et sur la tranche.

Eric CLUTTON est aussi le développeur de moteurs diesel pour l'aéromodèlisme. Son adresse : doctordiesel@cafes.net

Si tout se passe bien je devrais commencer la construction de cette aile d'ici un ou deux mois le temps aussi que la température remonte dans ma grange pour les collages. Elle est pour l'instant stable entre -5 et 3°C … et une grange cela ne se chauffe pas !!

Pour la motorisation, le "dossier" avance aussi tout à coup à grands pas après avoir aussi stagné longtemps.

En fait je ne savais plus où me tourner et quel choix faire ! Un Rotax 447 ou un 503 ou encore un Visa ???

Chacun de ceux à qui j'ai posé la question a son opinion, bien sûr étayée de larges et doctes considérations toutes très pertinentes alors… je ne savais plus !

J'ai décidé d'utiliser une méthode que j'appellerais avec le sourire : statistico-intuitive ! J'ai ouvert le Mondial de l'Aviation, j'ai coché tous les ULM 3 axes monoplaces, relevé leurs performances et la puissance installée et je me suis aperçu qu'à part quelques uns qui ont besoin de beaucoup de puissance pour des utilisations spécifiques, acro ou épandage… Surprise, je m'aperçois que tous sont très modestement motorisés. De la Souricette au Pinocchio, en passant par beaucoup d'autres, on oscille de 25 à 40 chevaux voire 50 pour les raisonnables les plus gourmands. Cela donne selon les témoignages un vrai ULM dans l'esprit et dans la forme. Un 3 axes doux, pas trop rapide, suffisamment "toilé" pour avoir des vitesses d'approche qui permettent de voler sans être terrifié à l'idée de faire une vache dans un petit coin de campagne, bref, de voler juste pour le bonheur. Et aussi, ce n'est pas négligeable, 6 à 7 l/h de carburant contre les 25 à 30 l/h des gros 912 de nos amis les millionnaires de l'ULM !! Bien sûr dans ma méthode comparative, j'ai laissé de côté ceux qui mettent de très gros moteurs pour nourrir l'araignée qui se promène sur leur plafond.

Alors le destin m'aide une fois de plus, il faut faire confiance à son destin ! J'ai trouvé un ROTAX 447 comme neuf avec son bâti à 800 mètres de chez moi.

Mon ami Jean, paysan et voisin, qui m'accueille avec mon Air Création Racer sur son petit terrain privé dernière sa ferme et qui vole pendulaire avait changé ce 447 contre un 503 pour emmener des passagers avec un peu plus de marge.

L'affaire se présente donc bien. Un 447 avec à peine 200 heures au compteur et dont je connais l'entretien, équipé d'un démarreur, ce qui m'évitera de "brasser" l'hélice avec tous les risques que cela comporte, y compris de courir après mon ULM à travers les champs !!

Le fait aussi d'avoir le bâti moteur Air Création d'origine m'arrange car je ne connais presque rien en soudure et là aussi c'est un point où il vaut mieux "assurer" !

Donc, j'utilise ce bâti soudé par des professionnels et adapte la base sur mon fuselage avec une boulonnerie et du tube aviation.

En revanche, comme ce moteur vient d'un pendulaire je dois changer le réducteur et l'hélice qui tournent "à l'envers" pour être propulsifs.

Voilà, cela sera tout pour aujourd'hui. A ce stade l'envie me reprend, je recommence à avoir un peu de temps et le printemps arrive. Encore quelques problèmes mais beaucoup de solutions et pas mal d'amis !

Et puis… cela ne s'appellera plus un SE5a… il va falloir lui trouver un nom à cet hybride !!

Quel qu'en soit le nom, j'espère voler pour l'été 2006… mais on ne sait jamais !!

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16 mars 2004

Photos du montage du fuselage
cliquer sur la photo pour l'agrandir

Collage du premier flan (gauche)
Flan gauche plus avancé, la table de collage est un peu courte !
Les couples du fuselage
Assemblage du plancher cockpit avac le flan droit, la cloison pare feu et le premier couple
CP de 8/10ème pour habiller le fuselage
Collage du flan gauche avec insertion des deux tubes support du siège du pilote

Ebauche du train d'atterrissage et les couples supérieurs du capot. On voit le feuille d'alu qui couvre la cloison pare feu sur laquelle viendra le moteur
On commence à y croire...

 

 

 

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