Le "Chevalier Gambette" de Joël Letouzey
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à suivre...
 

Notre ami Joël Letouzey est un enthousiaste emprunt de ténacité à qui la nature a donné le savoir faire et un gros cœur. En nommant son proto de harnais motorisé du nom d’un magnifique oiseau des rivages il ne suit donc pas seulement une tradition.

Il y a déjà bien longtemps, je vous avais parlé d’un proto de harnais motorisé… Le moins que je puisse avouer est que la gestation fût longue, je dois même dire très longue… Pourquoi réinventer le fil à couper le beurre, puisqu’il existait déjà ? Depuis 5 ans j'ai eu un Mosquito, puis divers clones, puis de nouveau un Mosquito; il faut le dire : MAGNIFIQUE. Quand on a toujours été marginal on aime bien le rester…

Non, le cahier des charges était simple :

- le démarreur électrique, parce que un harnais motorisé qui ne redémarre pas au premier clin d'œil c’est de la “ crotte ”; car le but est tout de même de couper aussi vite et aussi souvent que possible et donc d’être en mesure de redémarrer… si, bien sûr, on vole dans une région ou les thermiques peuvent quelque fois manquer (et si en plus comme moi vous n’êtes pas un champion…).

- le niveau sonore : ne pas dépasser celui … du Minimum d'Eric Doucet, vous voyez que je plaçais le niveau très haut…

- ensuite diverses petites améliorations par rapport au premier Mosquito, pour la plupart corrigées sur le nouveau.

- les fournisseurs, très importants en conception/construction amateur. Certains très coopératifs. Certains que vous semblez emmerder à la moindre question et qui une fois votre chèque encaissé, semblent tout de suite très occupé… Et enfin, certains à oublier très vite… La décence et la terrible censure de notre grand chef m’oblige ici à me taire (je plaisantes, n’est-ce pas Régis ?) mais, je ne manquerai pas de vous raconter ce que je penses de chacun, si vous m’appelez pour un renseignement…

Donc, tout d’abord, le harnais a été fait par Bertrand Vilar, le monde manque de Bertrand Vilarsss ! Le harnais est vraiment pensé et la réalisation est parfaite, merci Bertrand ! Au début la motorisation était donc un Radne, puis oublié à cause de la façon très cavalière dont Radne a répondu lorsque le moteur de mon Mosquito a cassé à 200 heures après avoir graduellement mais nettement perdu de puissance entre neuf et la fin… Le moteur actuel est un RDM 100, j’espère que les vilains bruits qui courent sur certains problèmes de fiabilité ne se confirmeront par à l’usage… J’ai déjà eu quelques problèmes avant même le premier vol et je ne peux pas dire que les relations avec le revendeur, qui revendique le statut de co-concepteur puissent être qualifié “ d’exemplaires ”… En tout cas pour le moment, ce moteur pousse sérieusement plus que le Radne !!! E il démarre aussi nettement mieux mais, évidemment, il a été conçu avec un démarreur électrique et ça aide… Par contre, il est plus lourd et le réducteur mécanique n’est pas vraiment un avantage car il fallait rallonger l’arbre d’hélice de 700 mm et je n’ai pas osé monter tout “ en rigide ”. Le montage de l’arbre est effectué dans un fourreau propre repris par une cloche jusqu’au carter du réducteur. Ça c’est pour l’extérieur. Pour l’intérieur, c'est-à-dire l’arbre, un accouplement de type courroie crantée avec les poulies face à face assure la liaison “ souple ”. Evidemment, c’est encore un bon kilo de plus ! Le moteur est monté avec la culasse vers le haut et caché derrière les pieds dans…un caisson moteur. Ce caisson est profilé mais son objet était d’isoler le moteur pour gagner un peu sur le bruit (ou plutôt de silence…). Il est en fibre de résine et recouvert de mousse à l’intérieur. Pour les maniaques du gramme gagné : c’est encore 1 kilo… Le support moteur est constitué de deux gros tubes de 50 mm fixés par deux couples et un caisson. Ce caisson situé au dessus des jambes du pilote sert de boite à air pour réduire les bruits d’admission du moteur. Bien sûr, l’intérieur est tapissé de mousse alvéolée, et l’aspiration se fait par trois prises  “NACA”. Que les mauvaises langues ne disent pas que j’ai “ pompé ” sur le Booster car j’avais fait ce caisson avant la sortie de ce machin ! Et puis, quand vous mettrez les deux côte à côte, vous pourrez noter de sérieuses différences… Je ne me suis pas résolu à placer le réservoir dans le caisson, parce que la réduction du bruit primait , ensuite parce qu’avec ce type de réservoir, on ne peut plus voir le niveau et au dessus du bocage (normand), c’est assez stressant ! Enfin, je n’arrive pas à concevoir de me mettre une “ bombe ” sur le dos, que ceux que ça ne gêne pas, ne se gênent pas pour moi… A vous l’honneur ! L’hélice est repliable et le pas est réglable au sol, elle n’est pas démontée car fixée sur l’arbre par un accouplement extensible. Rien d’ailleurs n’est démonté, ce qui implique d’avoir une remorque spéciale ( qui sert de stockage), mais l’avantage, c’est que le moteur tourne 2 minutes30 après l’ouverture de la porte de la remorque : qui dit mieux ? Et il est possible de l’essayer plein gaz car il est solidaire de la remorque. Enfin, les commandes sont réduites au maximum et regroupées sur la pince “ à bouche” :

. accélérateur à bouche pour le décollage

. butée (simple vis) pour maintenir accéléré

. bouton de démarreur(mis hors circuit pour le transport par un autre interrupteur)

. sécurité coupe circuit si l’on lâche la pince (annulée par un contact en série pour le temps de chauffe au sol).

La pince est fixée au niveau de la poitrine par du Velcro après le décollage et bien visible car le parachute est placé sur la nuque . C’est vraiment plus confortable de ne rien avoir sur la face avant du harnais ! Il faut ajouter une commande de frein d’hélice non vérouillable (pour éviter de redémarrer avec le frein !) pour faciliter sa fermeture. La batterie est un jeu de 2x “6 volts au plomb de marque Cyclon” qui acceptent beaucoup plus d’intensité instantanée que les Yausa car le petit moteur n’a pas de décompresseur…Une prise “baladeuse” permet d’utiliser une batterie de moto comme batterie de “piste” pour le premier démarrage souvent plus difficile quand le carburateur a séché. Après beaucoup d’essais au sol, il semble que le démarreur soit plutôt sous-dimensionné, il est du type de celui des scooters 50, alors que le moteur est un 100 et très compressé, et je vais sans doute monter une seconde batterie, car après 1 heure 30 à l’arrêt, le démarreur a du mal à faire tourner le moteur. Enfin les jambes de train sont équipées de petites roues non pas pour faciliter le décollage car les patins vont très bien mais n’aiment pas être traînés sur le bitume du “taxi way”. Les jambes sont en 28 x 1,5 et ne se relèvent qu’une par une et après avoir fermé le harnais : c’est un choix, pour diminuer les ficelles et pour, au moins, pouvoir sortir les jambes si le harnais ne s’ouvre pas. Le résultat : coté aspect, à vous d’en juger. Coté confort : au sol pour s’installer, il n’y a pas photo ! Mon harnais n’est pas bridé au niveau des hanches et c’est plus important que l’ouverture frontale ou pas. Coté confort en vol : faut attendre le printemps et le premier vol de plus de 3 heures… En tout cas : il est beaucoup plus lourd qu’un Mosquito ( de 6 à 10 kg ), c’est un choix pour plus de confort, plus de fiabilité et moins de bruit. Il ne sera jamais fabriqué ni en grande, ni en petite série ! Il ne sera pas fourni de plans car il faudrait compter environ 300 heures pour les faire et… Je ne tiens pas à être em… par les ayants droits d’un pilote qui n’aura même pas voulu écouter quelques conseils élémentaires de bon sens (si, si, j’en connais !!! Et même…à l’APPULMA !!!). Par contre, si ça intéresse sérieusement quelqu’un, il peut venir avec son mètre, son pied à coulisse et son appareil photo, il sera bien reçu. Avant cela, il faut encore trouver un créneau météo pour effectuer le premier vol … enfin !!!

Amicalement

Joël Letouzey (infrason@wanadoo.fr)

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